Effets et usages en Wallonie
Bernard Conter
ULB, 3 décembre 2008
4. Aborder les effets et usages en Wallonie: Cadre théorique et méthodologique
Précisions :
« effets et usages » plutôt qu’impacts
« en Wallonie » et non pas « sur les politiques de la Région wallonne »
Boite à outils théorique
Elaboration progressive d’un cadre théorique permettant d’articuler les dimensions individuelle, collective et institutionnelle
3 approches: socialisation politique, dimension cognitive des politiques, néo-institutionnalisme
Socialisation politique
Processus par lequel des valeurs sont transmises et intériorisées (Dubar)
Processus contradictoire: assimilation et accommodation (Percheron)
Socialisation primaire et secondaireS; socialisations multiples et contradictoires (Berger et Luckman, Dubar)
Transferts de loyauté (Haas)
Les conditions d’un « changement de monde »
Prise de distance par rapport aux rôles anciens
Fort engagement personnel
Processus d’initiation
Appareil de conversation
Structure de plausibilité
… sont réunies pour un « quasi groupe professionnel » d’experts en questions européennes (cabinets, administrations, opérateurs, interlocuteurs sociaux)
Approches cognitives des politiques publiques
Les politiques = constructions de diagnostics, de solutions, de représentations
Production de sens
Référentiel : opération de décodage (du réel complexe) et de recodage (en programme d’action)
4 niveaux de perception : valeurs, normes, algorithmes, images
Exemple référentiel de marché (Jobert)
Référentiel global / référentiel sectoriel (Muller)
Approches néo-institutionnalistes
Les institutions ne sont pas « naturellement résistantes au changement »
Elles évoluent en fonction de leurs traditions, de leurs ressources internes, de règles formelles et informelles, de leurs intérêts, de leurs interactions aux autres institutions
Notion de « dépendance au sentier » (Palier)
Méthodes
Etude documentaire
Documents européens
Documents produits dans le cadre du processus SEE
Autres documents politiques
Observation participante
Participation à plusieurs étapes du processus SEE (expertise, négociation, rédaction PNR, indicateurs,…)
Entretiens de recherche
40 entretiens auprès d’acteurs de la politique de l’emploi (cabinets, administrations, interlocuteurs sociaux, commission, experts, opérateurs,…)
5. Effets et usages en Wallonie
« Les liens d’influence sont difficiles à établir, les coïncidences idéologiques sont à relever » (Erhel et Palier)
Analyse dans trois domaines
Formation continue
Indemnisation du chômage
Insertion professionnelle et activation
Formation continue
Développée au départ dans une perspective de promotion sociale et d’éducation permanente
Aujourd’hui mobilisée comme un instrument de compétitivité
Illustration à travers les dispositifs :
congé éducation payé
plan « pénuries »
pôles de compétitivité
crédit adaptation
Plan Formation – Insertion
Indemnisation du chômage
De l’assurance à la contractualisation
Du contrôle de la disponibilité au contrôle du « comportement de recherche active d’emploi »
Question des « attentes légitimes » des demandeurs d’emploi (cfr infra : work first)
Dégressivité annoncée des allocations dans le temps
Insertion et activation
Passage d’une logique de « parcours d’insertion » à une logique de work first
Forem passage d’un objectif « d’insertion durable dans l’emploi » à un objectif de « confrontation au marché du travail » (anc. et nouv. Contrat de gestion)
Normalisation de l’intérim (plan d’accompagnement, Job Tonic,…)
Ouverture de la fonction d’accompagnement des demandeurs d’emploi au secteur privé
Extension des APE au secteur marchand
Les politiques « délégitimées »
La SEE produit une définition normative du champ légitime de la politique de l’emploi.
De ce fait, des politiques ou dispositions sociales sont délégitimées (Hoang-Ngoc)
Exemples :
Les dépenses de protection sociale
Les pré-retraites
La réduction du temps de travail
L’indexation des salaires
Les barèmes salariaux liés à l’âge
L’emploi public
Entreprises publiques
Les politiques de dépense publique
…
Conclusions
La SEE…
Une politique des idées, une politique de concurrence, une politique des revenus
Modèle cohérent (référentiel sectoriel), surtout depuis 2003
Emploi, sécurité sociale, droit du travail au service de la compétitivité
Mise en concurrence entre individus
Devient le référentiel de la politique de l’emploi
Oriente l’agenda politique et les réformes
Volet social du programme de société compétitive
Consacre la rupture avec le paradigme social démocrate
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